Interview de Nathalie Jovanovic-Floricourt

Nathalie Jovanovic-Floricourt

Nathalie Jovanovic-Floricourt a commencé son arbre généalogique à dix-huit ans. En 2008, elle découvre la généalogie génétique. Les tests ADN lui révèlent des origines inattendues et lui offrent un nouveau champ de découvertes par le biais de cousins en France et dans le monde.

ouvrage ADN un outil genealogique Elle est l’auteur de l’ouvrage L’ADN, un outil généalogique paru aux éditions Archives et Culture en 2018. En 2019, elle crée l’association DNA PASS.

Pour découvrir l’ouvrage L’ADN un outil généalogique : https://genealogie-genetique.fr/
Association DNA PASS :https://dna-pass.com/

Interview

L’association a été créée le 5 mai 2019, le jour anniversaire de mon père. J’ai découvert les tests génétiques à l’étranger, suite à son décès, car il y avait suspicion d’un cancer génétique.

  • Des articles scientifiques font état de problèmes médicaux en lien avec la consanguinité (quelques exemples d’articles : Le Figaro Santé et Science et Vie). Grâce aux tests génétiques, un individu peut connaître le pourcentage d’ADN qu’il partage avec son conjoint. On devine que si le couple a 30% d’ADN en commun (ce qui peut être le cas s’ils sont frère et sœur), il peut y avoir un risque de consanguinité pour leur enfant. A l’inverse, si le couple ne partage que 0,1% d’ADN en commun, on peut supposer que le risque de consanguinité sera très faible pour leur enfant. Savez-vous à partir de quel pourcentage d’ADN en commun, on considère qu’il existe un risque lié à la consanguinité pour l’enfant du couple ?

Les risques de la consanguinité sont avérés de longue date. Par contre, donner des pourcentages du point de vue biologique, me semble dangereux. Des pervers pourraient l’utiliser comme argument pour justifier un inceste par exemple ou une liaison entre demi-frère et sœur, sous prétexte que le « risque » génétique ne serait pas trop élevé.
Au-delà de l’aspect médical, il y a l’aspect social, psychologique et moral. Une liaison ou relation entre parents, ignorant être de la même famille, aura un effet destructeur important et durable.
Un des exemples fameux se retrouve dans l’ouvrage d’Anne Ancelin Schützenberger, Aïe, mes aïeux !, sur les héritages transgérationnels. Nous portons l’héritage des traumatismes de nos ancêtres. On parle de psycho généalogie, mais on sait aujourd’hui qu’il s’agit aussi d’une mémoire génétique. Un des cas cité était celui de descendants en souffrance, la souffrance étant liée au mariage « incestueux » d’un couple de leurs ancêtres. Or, il s’agissait d’un inceste moral et non biologique, puisque les ancêtres, orphelins, avaient été élevés ensemble sans être biologiquement liés avant de se retrouver et se marier. Pourtant, leurs descendants en souffraient. Alors, imaginez les dégâts psychologiques liés à une liaison consanguine entre par exemple des nés d’un don de gamètes…

  • Des sociétés comme MyHeritage ou 23andMe livrent en France des tests ADN « récréatifs ». C’est-à-dire que ces tests sont destinés à de la généalogie, en permettant de retrouver des membres de sa famille partageant le même ADN. Est-ce que ces tests récréatifs sont fiables ?

Tout d’abord, je réfute ce terme de « récréatif » utilisé par les opposants aux tests de généalogie génétique pour les discréditer. Faire un tel test est lié au Droit aux origines, un droit fondamental reconnu internationalement, y compris en France. Le ministère de la Santé et des Solidarités a d’ailleurs créé en 2002 le Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) pour répondre à ce droit et obligation légale, afin d’aider les adoptés et nés sous X le désirant à entrer en contact avec leur famille biologique. Leur opposer, quand c’est la seule solution pour eux de savoir d’où ils viennent, qu’ils « s’amusent » relève d’une violence et mépris insupportables.
Le droit aux origines s’applique à tous, même sans être dans un de ces cas cruciaux. L’humanité s’est créée sur des lignées d’ancêtres, et ce depuis la Bible, premier des arbres généalogiques.
Pour la fiabilité des tests de généalogie génétique, il y a beaucoup de méconnaissance de leur fonctionnement menant à une incompréhension des résultats. Deux informations sont accessibles : nos origines ethniques et nos liens de parenté.
Pour les origines ethniques, selon les laboratoires, les résultats sont plus ou moins performants. Par exemple, 23andMe analyse 1 500 zones géographiques différentes pour 42 par MyHeritage. Les résultats sont établis grâce à des panels plus ou moins étendus, pouvant être améliorés. MyHeritage vend des tests génétiques depuis 3 ans seulement.
Comme dans toutes sociétés commerciales, certaines sont meilleures que d’autres… Les personnes s’étant fait testées dans différents laboratoires pourront être perplexes face à des résultats parfois contradictoires, car n’ayant pas conscience de cette notion de panel, plus la notion de population sur une zone géographique (et non pas de nationalité), etc.
Pour les liens de parenté, il faut connaître les lois de l’héritage génétique. Nous héritons avec certitude de la moitié de l’ADN de chacun de nos deux parents. Cet héritage génétique est partagé avec d’autres membres familiaux, sur les 6 à 8 générations nous précédant, et tous les descendants de nos arrière arrière arrière arrière grand parents. Cela fait très vite beaucoup de cousins génétiques à découvrir.
En connaissant le fonctionnement génétique, on comprend mieux les résultats obtenus et comment les utiliser. Oui, les tests génétiques sont fiables, dans la limite de la possibilité d’analyse desdits tests génétiques…

  • Que pensez-vous de l’actuel projet de loi de bioéthique ?

Il est regrettable que le projet de loi de bioéthique n’encadre pas les tests de généalogie génétique, réalisés massivement par les français. L’Etat français ne peut donc vérifier les conditions dans lesquelles sont conservées nos données génétiques. Nous devons nous fier à la législation des pays des laboratoires étrangers. Je donne dans mon livre les informations nécessaires sur les laboratoires et les options de confidentialité suivant les sites. L’association que j’ai créé a aussi vocation à informer sur le sujet.
J’ai écrit un article sur le site de DNA PASS reprenant les arguments mensongers d’Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, et les arguments ridicules, hélas, c’est le mot le plus approprié, de Bruno Retailleau.
Entre l’ignorance sur le sujet et les craintes infondées, il y a surtout le bafouement du Droit aux origines.
Le retard sur la génétique en France, par rapport à d’autres pays, notamment sur les Biobank, s’accroit malheureusement pour nous. Le temps législatif est déconnecté du temps technologique. Le Plan France Médecine Génomique 2025 va nécessiter de gros moyens financiers pour être mis en œuvre pour nous tous, et ces moyens ne sont pas au rendez-vous pour l’instant. Peut-être qu’avec l’épidémie du Covid19, les mentalités du gouvernement et des législateurs vont évoluer face à l’urgence sanitaire avec une reconsidération du dispositif en France.

Nous vous remercions pour toutes ces réponses


Explication complémentaire sur cette interview

J’ai reçu un commentaire d’une personne qui ne comprenait pas les raisons de ces questions et donc, je pense utile de préciser les raisons de ces questions.

Certains tests ADN permettent de connaître le pourcentage d’ADN partagé avec un autre individu et il est indiqué le lien généalogique entre les 2 personnes (cousin, frère, oncle, etc.). C’est grâce à ces tests ADN que des personnes issues d’un don ont retrouvé des donneurs. Je trouvais important de savoir si ces tests sont totalement fiables.

D’un point de vue statistique, il peu probable que les enfants d’un donneur se mettent en couple avec des demi-génétiques. En revanche, si ce risque sur une génération est faible, il me semble qu’il augmente génération après génération.

Les « extracteurs de sperme » arrivent en France ! (suite)

Je pense que vous aurez tous deviné que notre article Les « extracteurs de sperme » arrivent en France ! était un poisson d’avril. En cette période un peu difficile, un peu d’humour ne peut pas faire de mal.

Et surtout n’oubliez pas : « Rester chez soi, c’est sauver des vies »
Quentin Denonfoux Letellier

Plus sérieusement, je pense que les actualités seront assez faibles ce mois-ci. En effet, les activités d’AMP avec don sont à l’arrêt, la seconde lecture du projet de loi bioéthique par l’assemblée nationale est reportée à après la crise, et les médias sont beaucoup plus concentrés sur la crise du covid-19 que sur les aspects d’AMP avec don.

Les « extracteurs de sperme » arrivent en France !

Nous avons récemment appris que les CECOS et centres AMP de France vont au cours de l’année s’équiper d’une « machine à masturber ».
Machines a masturber

Présentation et fonctionnement du « masturbateur »

L’extracteur automatique de sperme est inspiré des tireuses de lait pour vaches.

La hauteur de la machine est ajustable. Sur le devant de l’appareil se trouve une tuyau de massage lubrifié à l’intérieur. L’utilisateur a la possibilité de modifier les paramètres du tuyau de massage (il peut par exemple moduler la vitesse, l’amplitude et la température). Ce tuyau de massage est pensé pour restituer les sensation de massage et de vibration d’un vrai vagin.

Le centre médical Jiangsu Sanwe pour la science médicale et la technologie déclare qu’il s’agit du meilleur équipement clinique de collecte de semence (liquide séminal). La machine « peut simuler un environnement vaginal, par massage, contractions nerveuses, succions, vibrations, etc… et permet de recueillir le sperme rapidement et en toute sécurité ».

Machine a masturber en action

Une fois la machine correctement configurée, le donneur peut placer son pénis dans la machine. Pour des raisons d’hygiène, le port du préservatif est obligatoire pour utiliser la machine. Il s’agit d’un préservatif particulier car il est dépourvu de toute substance susceptible de tuer les spermatozoïdes (spermicide).

Comme les mains du donneur ne sont pas occupées, le donneur peut utiliser l’écran de la machine afin de sélectionner le film de son choix. Enfin, il ne reste plus ensuite qu’à profiter des plaisantes sensations offertes par la machine.

Machine a masturber

Historique de la machine

C’est la société chinoise Sanwe Medical Equipment qui a mis au point la machine. Les premières machines ont été installées dans les hôpitaux chinois de Nanjing et Zhengzhou.

Les hôpitaux chinois équipés de cette machine disent que le nombre de donneurs a augmenté grâce à la machine. Un extracteur de sperme en Chine accueille en moyenne entre 20 et 30 utilisateurs par jour.

Cette machine est ensuite devenue populaire dans de nombreux autres pays tels que les États-Unis ou la Russie. Il y aurait plusieurs milliers de ces machines qui seraient vendues chaque année.

Entretien avec le docteur Pi, gynécologue
Docteur Pi, medecin gynecologue
Nous nous sommes entretenus par téléphone avec le médecin Pi (spécialisé en gynécologie) qui a aimablement accepté de nous renseigner sur l’arrivée en France de ces machines à masturber.

Tout d’abord, il nous a indiqué qu’il était selon lui préférable d’employer le terme de « Automatic Sperm Extractor » pour désigner la machine.

Il nous a expliqué que la France avait actuellement suffisamment de donneurs de spermatozoïdes mais qu’avec l’arrivée prochaine de la PMA pour toutes, les besoins allaient augmenter et qu’il faudrait davantage de donneurs de spermatozoïdes. Cela fait plusieurs mois que l’agence de la biomédecine, les centres AMP et le ministère de la santé réfléchissent à des solutions (comme par exemple améliorer les campagnes de sensibilisation au don) et que c’est dans ce contexte qu’a été décidé l’acquisition de ces machines, avec l’espoir que cela aide à attirer de nouveaux donneurs. Il est important de préciser que la décision d’acheter ces machines a été actée à la fin de l’année 2019, c’est-à-dire avant le début de l’épidémie de Covid-19.

La commande d’une trentaine de ces machines représente un budget d’environ 120.000€. Cette commande a notamment été possible grâce à l’augmentation du budget des centres de PMA qui a été décidée par le ministère de la santé afin d’aider les centres à se préparer à la PMA pour toutes.

Le docteur Pi nous a indiqué qu’il estimait que ces machines avaient un intérêt très limité (il a employé le terme de « gadget » pour désigner la machine). Pour l’instant, les dons de gamètes sont en pause à cause de l’épidémie de Covid-19 (voir l’article Les recommandations de l’agence de la biomédecine) mais il est convaincu que dans quelques mois, les médias ne manqueront pas de relayer l’existence de ces insolites machines (ce qui fera de la pub pour le don de gamètes), ce qui se traduira par une augmentation de candidats au don de spermatozoïdes.

Le docteur Pi a tenu à nous préciser que les candidats au don n’auraient pas l’obligation d’utiliser la machine et qu’ils auraient donc toujours la possibilité de réaliser une masturbation manuelle.

Enfin, le docteur Pi a indiqué qu’il se pourrait que cette invention puisse également servir pour certains hommes en parcours de PMA. En effet, il se pourrait que cette machine puisse aider à soigner les patients ayant un problème d’éjaculation précoce. (la notice accompagnant la machine indique : « Les forts courants frappent et frottent le gland pénien à plusieurs reprises afin de réduire l’excitabilité des terminaisons nerveuses et de rendre passif le nerf externe du gland et la surface du pénis ». La machine disposerait donc d’un programme de désensibilisation du pénis).

Les premières machines devraient être reçues ce mois-ci par les CECOS de Paris et de Lille (un léger retard est cependant possible à cause de la crise liée au Covid-19), et progressivement, chaque CECOS et centre AMP devrait disposer d’une machine avant la fin de l’année. La Fédération Française des CECOS et l’agence de la biomédecine feront un bilan en 2021 pour connaître le pourcentage de donneurs ayant décidés d’utiliser la machine, et savoir si celle-ci a permis d’attirer davantage de donneurs.

Légalité des inséminations artisanales


Le député Raphaël Gérard a interrogé le gouvernement sur la pratique de l’insémination de sperme artisanale. En effet, des femmes célibataires et des couples de femmes qui n’ont pas accès à la PMA en France, font le choix de recourir à un donneur de sperme pour avoir un enfant et ces femmes peuvent s’interroger sur la légalité de cette pratique. Le gouvernement dans sa réponse indique que cette pratique est strictement illégale. Cependant, plusieurs femmes ayant eu leur enfant grâce à cette pratique, ont témoigné à visage découvert dans les médias, et à notre connaissance, il n’y a jamais eu de poursuite ou de condamnation, ce qui pourrait indiquer qu’il existe tout de même une certaine tolérance.
Notre association tient à rappeler que cette pratique peut présenter des risques médicaux et légaux.
Question au gouvernement

Conférence : PMA: QUELS ENJEUX ?

Affiche conf

La conférence « PMA: QUELS ENJEUX ? » a pour objectif de sensibiliser l’opinion publique à l’infertilité, aux traitements (fécondation in-vitro) et aux enjeux de la nouvelle loi bioéthique.

La PMA pour toutes a suscité de vives polémiques: mais que sait-on réellement de la PMA et de ses enjeux? Cette soirée de sensibilisation a pour but d’informer et d’expliquer avec des intervenants experts en PMA, personnellement concernés par ce sujet.

Panel 1/ Que sait-on de la PMA? Comment améliorer l’accompagnement en pré-conception ?

photo panel 1

Panel 2/ Loi bioéthique et filiation: quels sont les changements?
Le Sénat vient de voter la PMA pour toutes mais a fortement remanié le texte initialement voté à l’Assemblée Nationale. Nous aborderons les questions de filiation, de la Levée de l’anonymat, de la congélation d’ovocytes et des recherches embryonnaires.

photo panel 2

Avec l’aimable autorisation de BeeCom’ (Maya Meddeb), nous espérons pouvoir vous proposer prochainement l’enregistrement vidéo du second panel.

Comme on peut le voir sur la photo de Mme Benoite Martine Lardy (Adjointe au Maire du 3eme arrondissement de Paris), la salle était comble !
Salle pleine

Aspects psychologiques de l’insémination artificielle

Aspects psychologiques de l insemination artificielleAspects psychologiques de l’insémination artificielle
Auteurs : Jean-Claude Czyba et Christine Manuel

Christine Manuel, psychologue clinicienne, consultante au C.E.C.O.S. Lyon. Responsable de l’enquête INSERM sur le devenir des enfants nés par insémination artificielle. Jean-Claude Czyba, professeur à l’Université Claude-Bernard (Lyon), biologiste des hôpitaux. Travaux de recherches dans le domaine de la médecine de la reproduction.

Ce livre date de janvier 1983 et il est donc ancien. Son intérêt est de comprendre la psychologie des premiers donneurs dans les CECOS.

Informations bibliographiques
Collaborateur : G. Abraham
Éditeur : FeniXX
ISBN : 2307046860, 9782307046868
Longueur : 210 pages

A noter que Google propose la consultation gratuite des 4 premières sections (le livre en propose 20 en tout) : https://books.google.fr/books?id=zejQDwAAQBAJ
Consulter les pages offertes par Google au format PDF.

M. Olivier Véran, le nouveau ministre de la santé

Olivier Veran

Le premier ministre vient de nommer M. Olivier Véran comme nouveau ministre de la santé à la place de Mme Agnès Buzyn.

Nous lui souhaitons la bienvenue et nous espérons qu’il œuvrera à l’amélioration du projet de loi bioéthique.

M. Olivier Véran était député de La République en Marche. Il faisait parti de la commission spéciale de l’assemblée nationale en charge de l’étude du projet de loi bioéthique.

Vous pouvez trouver ses contributions au projet de loi bioéthique ici :
Amendements en commission spéciale de l’assemblée nationale
Amendement lors de la première lecture à l’assemblée nationale

Attention, il faut décocher la case entourée en rouge pour que tous les amendements de M. Olivier Véran apparaissent.
case de decocher

Bosse des mathématiques, Innée ou acquise ?

L’inné et l’acquis

Le débat de l’inné et de l’acquis pourrait être traduit par un débat entre éducation et génétique.

L’inné
Je n’en parlerai pas ici mais il est évident que l’inné joue un rôle important dans l’apparence physique de l’enfant, ainsi que des aspects médicaux.

Le principe de l’inné est de considérer que nous naissons tous avec des tendances préexistantes en terme de comportement et de personnalité, tendances liées à notre patrimoine génétique hérité.

L’acquis
Le principe de l’acquis est de considérer que le comportement et la personnalité vont dépendre de la culture d’origine, du contexte historique, de l’origine sociale dans une culture donnée, et surtout de la façon dont les parents élèvent leur enfant (valeurs enseignées par exemple). C’est tout cela qui va modeler les comportements, les personnalités des individus, leur façon de parler ou de réagir à certaines situations.

L’accès aux origines / Données non identifiantes

Le projet de loi bioéthique prévoit un accès aux origines pour les personnes issues d’un don. Une fois la loi définitivement adoptée, un décret indiquera les données non identifiantes pouvant être transmises aux personnes issues d’un don. Compte tenu des débats parlementaires (voir l’article Données non identifiantes), ma conviction est que les données non identifiantes se limiteront à la liste donnée dans le projet de loi et qu’il ne sera donc pas possible pour un donneur d’indiquer qu’il n’a aucun talent pour les mathématiques (sauf bien évidemment si ce non talent en mathématiques peut expliquer les motivations du donneur pour faire son don).

Notre association était favorable aux amendements demandant que les donneurs aient la possibilité de laisser des données non identifiantes supplémentaires (ce qui aurait donc par exemple permis au donneur de parler de ses passions ou de ses talents) mais la rapporteure Coralie Dubost et la ministre de la santé Agnès Buzyn y étaient opposées et les amendements ont été rejetés.

L’accès aux origines et les mathématiques

Comme indiqué dans l’article précédent, la députée Coralie Dubost a évoqué le 7 février 2020 la possibilité que les personnes issues d’un don qui demanderont les données non identifiantes du donneur, puissent grâce à cela comprendre pourquoi elles sont bonnes/mauvaises au football ou en mathématiques.

Le samedi 8 février 2020 au Forum Européen de Bioéthique, Catherine CLAVIN (Co-présidente de l’Association des Parents et Futurs Parents Gay et Lesbiens (APGL)) s’est exprimée sur l’accès aux origines. Elle s’est dite favorable à l’accès aux origines en redonnant comme argument que cela serait susceptible de permettre à une personne issue d’un don de comprendre pourquoi elle est mauvaise ou bonne en mathématiques.

Conclusion personnelle

N’ayant pas de compétence particulière sur le sujet, je me suis documenté à partir de plusieurs sources.

Banque de sperme de surdoués
Robert Klark Graham était un eugéniste et il créa une banque de sperme avec des donneurs ayant un QI très élevé. 218 enfants naîtront de cette banque de sperme. À sa mort en 1997, Graham n’avait apparemment pas réussi à démontrer que les enfants nés de cette banque de sperme avaient des QI ou des performances académiques particulièrement supérieures aux autres.

Projet Einstein
Voir l’article publié en 2013 dans la revue Nature
Aux États-Unis, un projet « Einstein », lancé par le milliardaire Jonathan Rothberg et conduit par Max Tegmark, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), vise à trouver des gènes de l’intelligence. A ma connaissance, ce projet n’a pas permis de démontrer de réelle corrélation entre les capacités intellectuelles et l’ADN de l’individu.

La bosse des mathématiques
Source de l’article que je recopie : https://www.atlantico.fr/decryptage/718961/la-bosse-des-maths-existe-t-elle-vraiment–michel-vigier

« Dans l’Association pour la Prévention de l’Innumérisme, nous luttons pour faire disparaître ces lieux communs qui perturbent gravement les familles, les enfants et les enseignants. Il faut l’écrire, le dire, le réécrire, le redire : « La bosse des maths, n’existe pas et son inverse la dyscalculie, non plus, bien sûr !»

« Nos facultés cognitives dépendent autant de l’apprentissage que de l’hérédité ». Tout à fait d’accord, dans le cas des mathématiques, nos propres recherches et expérimentations nous permettent même d’affirmer que « Les facteurs héritables génétiquement ou d’origine environnementale ne sont pas tels qu’ils puissent empêcher un élève d’accéder, dans des délais courts ou raisonnables suivant les savoirs et les compétences déjà acquis, au niveau de base minimal et indispensable en Math (socle commun, niveau 2 OCDE) ».

Nous reconnaissons, bien évidemment, qu’il puisse y avoir une inégalité dans ce que nous recevons de nos parents mais les apprentissages en maths sont suffisamment simples pour être accessibles à tous. »

Mon opinion est que si une personne est douée en mathématiques, c’est principalement grâce à de l’acquis. Cependant, cela n’enlève bien évidemment rien à la nécessité d’instaurer un droit d’accès aux origines pour les personnes issues d’un don.

Données non identifiantes

Le projet de loi bioéthique tel qu’il vient d’être voté en première lecture au sénat prévoit que les personnes issues d’un don pourront avoir accès à des données non identifiantes sur le donneur.

Donnees non identifiantes

Concernant la liste des données non identifiantes, certains parlementaires la trouvaient trop restrictive et en conséquence, ont déposé des amendements destinés à permettre aux donneurs qui le jugeraient utile de transmettre davantage de renseignements non identifiants.

Amendement 1330 Amendement 2007

Ces amendements que nous approuvions ont tous été rejetés. La ministère Agnès Buzyn indique que les données non identifiantes seront limitées à la liste donnée dans la loi (il ne sera par exemple pas possible qu’un donneur puisse indiquer qu’il a été champion de natation).

La députée Coralie Dubost (rapporteure du projet de loi bioéthique sur l’accès aux origines) a expliqué le 7 février 2020 que ces données non identifiantes pourraient éventuellement inclure les facultés mathématiques ou sportives du donneur.

Lien vers la vidéo complète : https://www.facebook.com/MontpellierMidiLibre/videos/224599938563496/

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Edit du 8 février 2020 : La députée Coralie Dubost a répondu sur Twitter (https://twitter.com/DonsGametes/status/1225912036653195264).
Reponse deputee Coralie Dubost