Vidéos : Donneuses d’ovocytes

Titre : Teaser , Don d’ovocytes – les donneuses prennent la parole
Date : 17/09/2020
Descriptif : « Je reçois sur mon plateau trois femmes donneuses afro-descendantes. Elles répondent à mes questions sur le don d’ovocytes fait au CECOS de leur ville. »

Titre : Donneuses d’ovocytes : Parcours médical (part 1)
Date : 19/09/2020
Descriptif : « Les donneuses échangent avec moi sur leur parcours médical lors du don d’ovocytes. Ont-elles suivi un protocole court ou long ? Quel a été leur ressenti en tant que donneuses ? Quelle a été leur découverte? Qu’ont-elle tiré de cette expérience ? »

Titre : Donneuses d’ovocytes : Loi de bioéthique (part 2)
Date : 23/09/2020
Descriptif : « On parle de Révision de loi de bioéthique, La levée de l’anonymat, Les actions prévues ou pas de réaliser après le don : les infections sur les maladies génétiques, leur adresse pour informer les futurs enfants qui seront nés de leur don, partage de cette vérité avec leurs familles actuelles, notamment les enfants dont ils seront parents. »

Journée Défense et citoyenneté

Tous les jeunes adultes français se doivent faire une « Journée Défense et citoyenneté ». La loi prévoit de délivrer une information sur le don de gamètes.

Nous sommes favorables à toutes les initiatives d’information sur le don de gamètes.

Article L114-3 du Code du service national

Lors de la journée défense et citoyenneté, les Français reçoivent un enseignement adapté à leur niveau de formation et respectueux de l’égalité entre les sexes, qui permet de présenter les enjeux et les objectifs généraux de la défense nationale, les moyens civils et militaires de la défense et leur organisation, le service civique et les autres formes de volontariat ainsi que les périodes militaires d’initiation ou de perfectionnement à la défense nationale et les possibilités d’engagement dans les forces armées et les forces de réserve. Ils sont sensibilisés aux droits et devoirs liés à la citoyenneté et aux enjeux du renforcement de la cohésion nationale et de la mixité sociale. La charte des droits et devoirs du citoyen français mentionnée à l’article 21-24 du code civil leur est remise à cette occasion. Ils bénéficient également d’une sensibilisation à la sécurité routière.

A cette occasion sont organisés des tests d’évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française. Il est délivré une information générale sur le don de sang, de plaquettes, de moelle osseuse, de gamètes et sur le don d’organes à fins de greffe. S’agissant du don d’organes, une information spécifique est dispensée sur la législation en vigueur, sur le consentement présumé et sur la possibilité pour une personne d’inscrire son refus sur le registre national automatisé prévu à l’article L. 1232-1 du code de la santé publique. Par ailleurs, une information est dispensée sur la prévention des conduites à risque pour la santé, notamment celles susceptibles de causer des addictions et des troubles de l’audition.

Une information consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la lutte contre les préjugés sexistes et à la lutte contre les violences physiques, psychologiques ou sexuelles commises au sein du couple est dispensée.

Télécharger l’article de loi au format PDF

Vérification de propos tenus dans les médias

La vérification va porter sur l’interview PMA : un juteux business – Entretien avec Olivia Sarton : « On se sert de souffrances authentiques pour développer la mainmise des technosciences sur le vivant » publié le 19 juin 2020 sur Novopress.

Présentation de Olivia Sarton

Olivia Sarton est la directrice scientifique de l’association Juristes pour l’Enfance. Elle est opposée à l’AMP/PMA avec tiers donneur.

Juristes pour enfance

Vérification n°1

« La troisième population qui est mise en danger par le parcours de PMA, ce sont les fournisseurs de gamètes. Ils courent d’abord un danger juridique : on leur assure aujourd’hui qu’ils n’auront pas à supporter la conséquence de leur don, or cette promesse est très légère. Les lois évoluent. Si le projet de loi de bioéthique est adopté, il laissera la possibilité à des femmes seules ou à des couples de femmes d’engendrer un enfant en évinçant totalement le père de la sphère de cet enfant. Mais on peut très bien concevoir qu’un enfant dans 20 ou 25 ans saisisse un tribunal en disant qu’il a subi un préjudice du fait d’être né de PMA avec tiers donneur, sans filiation paternelle, et qu’il est dans une situation difficile – par exemple un enfant né au profit d’une femme seule et se retrouvant orphelin et privé de tout support familial. S’il demande alors à la juridiction saisie de condamner son géniteur à assumer sa paternité en payant, par exemple, les frais de scolarité et qu’il lui demande des comptes pour les difficultés de la vie qu’il a subies, il est impossible de garantir que la loi ne sera pas modifiée et que des juridictions n’estimeront pas qu’effectivement l’enfant a subi un préjudice. En tant que juristes, nous disons que ce projet de loi fait peser une véritable épée de Damoclès sur ces donneurs. »

Selon nous, cette hypothèse évoquée ici semble très hypothétique et improbable.

L’AMP avec tiers donneur se pratique depuis plus de 50 ans en France, ce qui a permis environ 100.000 naissances. Certains de ces enfants sont malheureusement devenus orphelins de père (décès accidentel ou lié à une maladie) mais aucun de ces enfants n’a intenté une action en justice contre le donneur.

L’AMP avec tiers donneur se pratique également à l’étranger et il est bien souvent ouvert à toutes les femmes et là encore, nous n’avons pas connaissance d’une quelconque action en justice contre un donneur.

En supposant qu’une personne issue d’un don veuille intenter une action en justice contre le donneur, rien ne prouve que cela puisse aboutir. La première loi de bioéthique est entrée en vigueur le 30 juillet 1994 et son ARTICLE 311-19 indique : « En cas de procréation médicalement assistée avec tiers donneur, aucun lien de filiation ne peut être établi entre l’auteur du don et l’enfant issu de la création. Aucune action en responsabilité ne peut être exercée à l’encontre du donneur. » Cette loi protège donc fortement le donneur.

Edit : On m’a signalé qu’il y avait déjà eu des actions en justice d’intentées. Cependant, ces cas correspondent à des dons effectués en dehors du cadre légal, ce qui ne protège donc pas les donneurs. Vous pouvez consulter notre article [Blog] Donneurs hors centres AMP.

Vérification n°2

« Enfin, on parle assez peu des donneuses, alors que le prélèvement d’ovocytes a des conséquences physiques importantes d’autant plus qu’elles sont peu nombreuses. Pour effectuer une ponction pour un prélèvement d’ovocytes, il est nécessaire d’hyperstimuler le corps afin qu’il produise en une fois le nombre d’ovocytes qu’il produit normalement en douze, quinze ou dix-huit mois. Si la femme est une « bonne donneuse », on va l’inciter à réitérer ce processus quatre, cinq, six fois. Certaines femmes vont pouvoir fournir jusqu’à 150 ovocytes, ce qui va mettre en question leur propre fertilité. Cette hyperstimulation ovarienne fait courir des risques médicaux d’autant que, une fois les ovocytes prélevés, les femmes ne sont pas suivies médicalement pour ça. Selon des études faites aux USA, certaines développeraient des cancers liés au prélèvement d’ovocytes. »

Concernant l’incitation à réitérer un don d’ovocytes 4, 5 ou 6 fois, afin de donner jusqu’à 150 ovocytes, nous pensons que c’est faux. La plupart des donneuses d’ovocytes que nous connaissons n’ont fait qu’un seul don, même si cela arrive que certaines refassent un deuxième don quelques mois plus tard. Nous n’avons pas connaissance de donneuses françaises ayant fait plus de 2 dons.

L’arrêté du 30 juin 2017 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation prévoit une limite de 2 dons d’ovocytes.
Limite don ovocytes

Olivia Sarton semble se tromper sur ce qu’est une stimulation ovarienne. Chaque femme dispose à la naissance d’une réserve ovarienne avec des follicules. A chaque cycle, plusieurs follicules commencent une maturation mais normalement, un seul atteindra la maturité et les autres dégénéreront. La stimulation va uniquement stimuler les follicules qui avaient commencé leur maturation et qui sans cette stimulation auraient arrêté leur évolution. Cela signifie que la stimulation n’intervient pas sur les ovocytes de la réserve ovarienne et ne diminue donc pas la fertilité ultérieure de la donneuse. La stimulation permet donc d’amener à maturation tous les ovocytes qui avaient naturellement démarré leur maturation.

Concernant le risque de cancer, on trouve effectivement des articles qui parlent d’une augmentation du risque de cancer dans le cas d’un nombre très élevé de stimulations. Cependant, le nombre de stimulations dans le cadre d’un don est très faible et à notre connaissance, aucune étude n’évoque un risque accru de cancer pour les donneuses d’ovocytes. Pour plus de détails, nous vous recommandons la lecture du mémoire de Mélanie Walter : « Stimulation ovarienne et risque de cancer de l’ovaire ».

Les centres AMP et l’agence de la biomédecine font un suivi des problèmes médicaux des donneuses dans le cadre du dispositif AMP Vigilance (voir notre article AMP Vigilance). Le nombre de problèmes signalés pour des donneuses est relativement faible et ne fait pas état de cancers.

Vérification n°3

« En dehors de la ressemblance physique, les gens qui ont recours au don de gamètes ne veulent pas – je caricature – un ovocyte provenant d’une femme petite, obèse et avec un QI de 60. Donc ils vont demander à recevoir un gamète provenant d’une femme qui correspond à leur idéal. On sait que les donneuses les plus recherchées, ce sont les grandes aux yeux clairs, pulpeuses, avec un poids adapté à leur taille. Si elle a un QI supérieur à la moyenne, qu’elle sait jouer du piano, parler trois langues, elle sera sélectionnée… C’est une forme à la fois de racisme, de discrimination, d’eugénisme. Ce qui explique, aussi, qu’il y ait assez peu de donneuses. Et cela pose un autre problème pour les enfants issus du don : il y a très peu de diversité génétique. Pour une donneuse d’ovocytes aux USA qui se voit prélever 150 ovocytes, on peut estimer qu’un tiers sera utilisé. Ainsi, 50 enfants vont naître d’une seule personne, avec un patrimoine génétique commun. Dans la vie réelle, cela n’existe pas ! »

Nous ne comprenons pas bien la logique d’Olivier Sarton qui consiste à s’opposer/dénoncer la pratique de l’AMP avec tiers-donneur en France, en s’appuyant sur des pratiques qui n’existent pas en France.

En effet, ceux qui bénéficient d’une AMP en France ne choisissent pas le donneur sur catalogue. Dans le dossier du donneur, il n’est pas fait mention du QI du donneur ou du nombre de langues parlées car ces éléments n’interviennent nullement dans le choix de l’appariement.

Comme dit précédemment, aucune donneuse n’a 150 ovocytes de ponctionnés ! Ensuite, c’est faux de croire qu’un ovocyte sur trois aboutira à une naissance car ce chiffre est en réalité bien plus faible. En France, c’est rare qu’il y ait des donneuses qui aient permis plus de 2 naissances. Comme nous l’avons déjà écrit sur ce site, réaliser volontairement plus de 10 naissances à partir d’une seule donneuse est illégal en France.

Compte tenu qu’en France, les donneuses permettent en général 2 naissances au maximum, le risque de consanguinité est très faible pour les personnes issues d’un don d’ovocytes.

Journée nationale du don de gamètes

Nous avons écrit au Ministre de la santé (M. Oliver VERAN) afin de solliciter la création d’un journée nationale sur le don de gamètes.

Nous espérons que notre requête sera étudiée avec bienveillance.

Contenu du courrier

Paris, le 25 juin 2020

Monsieur le Ministre,

Nous sommes une association de donneuses d’ovocytes et de donneurs de spermatozoïdes. Notre association s’efforce notamment d’informer et de sensibiliser au don de gamètes.

Si nous vous écrivons, c’est pour solliciter l’instauration en France d’une journée nationale de réflexion sur le don de gamètes et de reconnaissance aux donneurs.

Nous pensons que l’existence de cette journée serait bénéfique. Les délais d’attente pour bénéficier d’un don d’ovocytes peuvent atteindre les 3 ans du fait d’une pénurie de donneuses et c’est la raison pour laquelle, nous vous proposons la création de cette journée nationale qui pourrait aider à inciter davantage de personnes à faire un don de gamètes.

Actuellement, il existe des journées mondiales et nationales pour quasiment tous les types de dons à l’exception du don de gamètes :
– 14 juin 2020 : 17e Journée mondiale des donneurs de sang.
– 22 juin 2020 : 20e Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et de reconnaissance aux donneurs.
– 21 septembre 2020 : 8e Journée mondiale des donneurs de moelle osseuse.
– 17 octobre 2020 : 16e Journée mondiale du don d’organes.

En 2017, 122 donneurs français ont réalisé un prélèvement de moelle osseuse. En comparaison, en 2017, il y a eu 10 fois plus de donneurs de gamètes français (1160 donneurs de gamètes dont 756 donneuses d’ovocytes et 404 donneurs de spermatozoïdes). Nous pensons que le don de gamètes n’est pas moins important que les autres types de dons et qu’en conséquence, l’instauration d’une journée nationale dédiée à ce don se justifie pleinement.

L’organisation européenne « Fertility Europe » (http://www.fertilityeurope.eu) organise depuis 10 ans la semaine européenne de sensibilité à l’infertilité qui se déroule au début du mois de novembre. Nous pensons que la date de la Journée nationale de réflexion sur le don de gamètes pourrait être fixée au début du mois de novembre afin de coïncider avec la semaine européenne de sensibilité à l’infertilité.

Nous restons à votre entière disposition pour tout complément d’information que vous souhaiteriez obtenir.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Journées mondiales/nationales du don

Si vous lisez cet article, c’est que vous êtes probablement quelqu’un d’altruiste qui souhaite aider les autres. Si vous le pouvez, n’hésitez pas à faire un don de sang car les réserves sont malheureusement faibles.

J’en profite pour donner quelques dates de journées mondiales en lien avec le don :

14 juin : Journée mondiale du don du sang.

22 juin : Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs.

21 septembre : Journée mondiale du don de moelle osseuse.

17 octobre : journée mondiale du don d’organes et de la greffe.

Remarque

A quand une journée mondiale ou nationale de réflexion sur le don de gamètes ?
A titre personnel, je recommanderais de fixer sa date au début du mois de novembre, afin de la faire coïncider avec la journée nationale de l’infertilité qui se déroule durant la semaine européenne de sensibilisation de l’infertilité.

Pour information, il y a eu 158 prélèvements de donneurs de moelle osseuse en 2018, contre plus de 1000 donneurs de gamètes. Il serait faux de croire qu’un don de moelle osseuse est est plus difficile qu’un don d’ovocytes. Aussi, il me semble qu’il ne serait pas incohérent d’instaurer une journée nationale sur les dons de gamètes. Cette journée apporterait une reconnaissance aux donneurs et serait également de nature à inciter de nouvelles personnes à faire un don.

Chiffres don de moelle osseuse

À la recherche du sperme parfait

Description
Sommes nous tout·e·s égaux·les face au désir d’enfant ? Ce chemin vers la parentalité est pour certain·e·s semé d’embuches et de surprises. C’est le cas d’Aline Mayard, journaliste, qui a décidé de faire un enfant grâce à une PMA.

Très vite, des questions se posent autour du donneur : comment le choisir ? Quelles caractéristiques préférer chez lui ? Faut-il même le choisir, ou laisser le hasard faire le travail ?

« À la rechercher du sperme parfait » est une série d’Aline Mayard réalisée par Vincent Hiver.

Episodes

Vidéo pour le don

Le petit Quentin (10 ans) nous a fait parvenir une vidéo qu’il vient de réaliser en faveur du don de gamètes.

Précisons qu’il s’agit d’une vidéo amateur et que le matériel utilisé pour la captation de cette vidéo était malheureusement d’une qualité assez médiocre. Cependant, toutes les initiatives en faveur du don de gamètes sont positives et sont à encourager !

Les « extracteurs de sperme » arrivent en France ! (suite)

Je pense que vous aurez tous deviné que notre article Les « extracteurs de sperme » arrivent en France ! était un poisson d’avril. En cette période un peu difficile, un peu d’humour ne peut pas faire de mal.

Et surtout n’oubliez pas : « Rester chez soi, c’est sauver des vies »
Quentin Denonfoux Letellier

Plus sérieusement, je pense que les actualités seront assez faibles ce mois-ci. En effet, les activités d’AMP avec don sont à l’arrêt, la seconde lecture du projet de loi bioéthique par l’assemblée nationale est reportée à après la crise, et les médias sont beaucoup plus concentrés sur la crise du covid-19 que sur les aspects d’AMP avec don.

Les « extracteurs de sperme » arrivent en France !

Nous avons récemment appris que les CECOS et centres AMP de France vont au cours de l’année s’équiper d’une « machine à masturber ».
Machines a masturber

Présentation et fonctionnement du « masturbateur »

L’extracteur automatique de sperme est inspiré des tireuses de lait pour vaches.

La hauteur de la machine est ajustable. Sur le devant de l’appareil se trouve une tuyau de massage lubrifié à l’intérieur. L’utilisateur a la possibilité de modifier les paramètres du tuyau de massage (il peut par exemple moduler la vitesse, l’amplitude et la température). Ce tuyau de massage est pensé pour restituer les sensation de massage et de vibration d’un vrai vagin.

Le centre médical Jiangsu Sanwe pour la science médicale et la technologie déclare qu’il s’agit du meilleur équipement clinique de collecte de semence (liquide séminal). La machine « peut simuler un environnement vaginal, par massage, contractions nerveuses, succions, vibrations, etc… et permet de recueillir le sperme rapidement et en toute sécurité ».

Machine a masturber en action

Une fois la machine correctement configurée, le donneur peut placer son pénis dans la machine. Pour des raisons d’hygiène, le port du préservatif est obligatoire pour utiliser la machine. Il s’agit d’un préservatif particulier car il est dépourvu de toute substance susceptible de tuer les spermatozoïdes (spermicide).

Comme les mains du donneur ne sont pas occupées, le donneur peut utiliser l’écran de la machine afin de sélectionner le film de son choix. Enfin, il ne reste plus ensuite qu’à profiter des plaisantes sensations offertes par la machine.

Machine a masturber

Historique de la machine

C’est la société chinoise Sanwe Medical Equipment qui a mis au point la machine. Les premières machines ont été installées dans les hôpitaux chinois de Nanjing et Zhengzhou.

Les hôpitaux chinois équipés de cette machine disent que le nombre de donneurs a augmenté grâce à la machine. Un extracteur de sperme en Chine accueille en moyenne entre 20 et 30 utilisateurs par jour.

Cette machine est ensuite devenue populaire dans de nombreux autres pays tels que les États-Unis ou la Russie. Il y aurait plusieurs milliers de ces machines qui seraient vendues chaque année.

Entretien avec le docteur Pi, gynécologue
Docteur Pi, medecin gynecologue
Nous nous sommes entretenus par téléphone avec le médecin Pi (spécialisé en gynécologie) qui a aimablement accepté de nous renseigner sur l’arrivée en France de ces machines à masturber.

Tout d’abord, il nous a indiqué qu’il était selon lui préférable d’employer le terme de « Automatic Sperm Extractor » pour désigner la machine.

Il nous a expliqué que la France avait actuellement suffisamment de donneurs de spermatozoïdes mais qu’avec l’arrivée prochaine de la PMA pour toutes, les besoins allaient augmenter et qu’il faudrait davantage de donneurs de spermatozoïdes. Cela fait plusieurs mois que l’agence de la biomédecine, les centres AMP et le ministère de la santé réfléchissent à des solutions (comme par exemple améliorer les campagnes de sensibilisation au don) et que c’est dans ce contexte qu’a été décidé l’acquisition de ces machines, avec l’espoir que cela aide à attirer de nouveaux donneurs. Il est important de préciser que la décision d’acheter ces machines a été actée à la fin de l’année 2019, c’est-à-dire avant le début de l’épidémie de Covid-19.

La commande d’une trentaine de ces machines représente un budget d’environ 120.000€. Cette commande a notamment été possible grâce à l’augmentation du budget des centres de PMA qui a été décidée par le ministère de la santé afin d’aider les centres à se préparer à la PMA pour toutes.

Le docteur Pi nous a indiqué qu’il estimait que ces machines avaient un intérêt très limité (il a employé le terme de « gadget » pour désigner la machine). Pour l’instant, les dons de gamètes sont en pause à cause de l’épidémie de Covid-19 (voir l’article Les recommandations de l’agence de la biomédecine) mais il est convaincu que dans quelques mois, les médias ne manqueront pas de relayer l’existence de ces insolites machines (ce qui fera de la pub pour le don de gamètes), ce qui se traduira par une augmentation de candidats au don de spermatozoïdes.

Le docteur Pi a tenu à nous préciser que les candidats au don n’auraient pas l’obligation d’utiliser la machine et qu’ils auraient donc toujours la possibilité de réaliser une masturbation manuelle.

Enfin, le docteur Pi a indiqué qu’il se pourrait que cette invention puisse également servir pour certains hommes en parcours de PMA. En effet, il se pourrait que cette machine puisse aider à soigner les patients ayant un problème d’éjaculation précoce. (la notice accompagnant la machine indique : « Les forts courants frappent et frottent le gland pénien à plusieurs reprises afin de réduire l’excitabilité des terminaisons nerveuses et de rendre passif le nerf externe du gland et la surface du pénis ». La machine disposerait donc d’un programme de désensibilisation du pénis).

Les premières machines devraient être reçues ce mois-ci par les CECOS de Paris et de Lille (un léger retard est cependant possible à cause de la crise liée au Covid-19), et progressivement, chaque CECOS et centre AMP devrait disposer d’une machine avant la fin de l’année. La Fédération Française des CECOS et l’agence de la biomédecine feront un bilan en 2021 pour connaître le pourcentage de donneurs ayant décidés d’utiliser la machine, et savoir si celle-ci a permis d’attirer davantage de donneurs.