Bosse des mathématiques, Innée ou acquise ?

L’inné et l’acquis

Il y a un consensus sur le fait que nous sommes tous le résultat de facteurs génétiques et environnementaux. Cependant, c’est un sujet complexe et il n’y a pas toujours de consensus sur l’importance de la génétique.

L’inné
Je n’en parlerai pas ici mais il est évident que notre patrimoine génétique joue un rôle important dans l’apparence physique de l’enfant et a également de l’importance pour des aspects médicaux.

Certaines personnes considèrent que nous naissons tous avec des tendances préexistantes en terme de comportement et de personnalité et que cela est principalement lié à notre patrimoine génétique hérité.

L’acquis
Certaines personnes considèrent que le comportement et la personnalité vont principalement dépendre de la culture d’origine, du contexte historique, de l’origine sociale dans une culture donnée, et surtout de la façon dont les parents élèvent leur enfant (valeurs enseignées par exemple). C’est tout cela qui va modeler les comportements, les personnalités des individus, leur façon de parler ou de réagir à certaines situations.

L’accès aux origines / Données non identifiantes

Le projet de loi bioéthique prévoit un accès aux origines pour les personnes issues d’un don. Une fois la loi définitivement adoptée, un décret indiquera les données non identifiantes pouvant être transmises aux personnes issues d’un don. Compte tenu des débats parlementaires (voir l’article Données non identifiantes), ma conviction est que les données non identifiantes se limiteront à la liste donnée dans le projet de loi et qu’il ne sera donc pas possible pour un donneur d’indiquer qu’il n’a aucun talent pour les mathématiques (sauf bien évidemment si ce non talent en mathématiques peut expliquer les motivations du donneur pour faire son don).

Notre association était favorable aux amendements demandant que les donneurs aient la possibilité de laisser des données non identifiantes supplémentaires (ce qui aurait donc par exemple permis au donneur de parler de ses passions ou de ses talents) mais la rapporteure Coralie Dubost et la ministre de la santé Agnès Buzyn y étaient opposées et les amendements ont été rejetés.

L’accès aux origines et les mathématiques

Comme indiqué dans l’article précédent, la députée Coralie Dubost a évoqué le 7 février 2020 la possibilité que les personnes issues d’un don qui demanderont les données non identifiantes du donneur, puissent grâce à cela comprendre pourquoi elles sont bonnes/mauvaises au football ou en mathématiques.

Le samedi 8 février 2020 au Forum Européen de Bioéthique, Catherine CLAVIN (Co-présidente de l’Association des Parents et Futurs Parents Gay et Lesbiens (APGL)) s’est exprimée sur l’accès aux origines. Elle s’est dite favorable à l’accès aux origines en redonnant comme argument que cela serait susceptible de permettre à une personne issue d’un don de comprendre pourquoi elle est mauvaise ou bonne en mathématiques.

Conclusion personnelle

N’ayant pas de compétence particulière sur le sujet, je me suis documenté à partir de plusieurs sources.

Banque de sperme de surdoués
Robert Klark Graham était un eugéniste et il créa une banque de sperme avec des donneurs ayant un QI très élevé. 218 enfants naîtront de cette banque de sperme. À sa mort en 1997, Graham n’avait apparemment pas réussi à démontrer que les enfants nés de cette banque de sperme avaient des QI ou des performances académiques particulièrement supérieures aux autres.

Projet Einstein
Voir l’article publié en 2013 dans la revue Nature
Aux États-Unis, un projet « Einstein », lancé par le milliardaire Jonathan Rothberg et conduit par Max Tegmark, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), vise à trouver des gènes de l’intelligence. A ma connaissance, ce projet n’a pas permis de démontrer de réelle corrélation entre les capacités intellectuelles et l’ADN de l’individu.

La bosse des mathématiques
Source de l’article que je recopie : https://www.atlantico.fr/decryptage/718961/la-bosse-des-maths-existe-t-elle-vraiment–michel-vigier

« Dans l’Association pour la Prévention de l’Innumérisme, nous luttons pour faire disparaître ces lieux communs qui perturbent gravement les familles, les enfants et les enseignants. Il faut l’écrire, le dire, le réécrire, le redire : « La bosse des maths, n’existe pas et son inverse la dyscalculie, non plus, bien sûr !»

« Nos facultés cognitives dépendent autant de l’apprentissage que de l’hérédité ». Tout à fait d’accord, dans le cas des mathématiques, nos propres recherches et expérimentations nous permettent même d’affirmer que « Les facteurs héritables génétiquement ou d’origine environnementale ne sont pas tels qu’ils puissent empêcher un élève d’accéder, dans des délais courts ou raisonnables suivant les savoirs et les compétences déjà acquis, au niveau de base minimal et indispensable en Math (socle commun, niveau 2 OCDE) ».

Nous reconnaissons, bien évidemment, qu’il puisse y avoir une inégalité dans ce que nous recevons de nos parents mais les apprentissages en maths sont suffisamment simples pour être accessibles à tous. »

Mon opinion actuelle est que si une personne est douée/mauvaise en mathématiques, cela n’est pas uniquement lié à son ADN et que les facteurs environnementaux sont prépondérants. Cependant, cela n’enlève bien évidemment rien à la nécessité d’instaurer un droit d’accès aux origines pour les personnes issues d’un don.

Edit du 28 juillet 2020 : La députée Coralie Dubost a redit que la connaissance du donneur permettrait à la personne issue du don de comprendre pourquoi elle est bonne en mathématiques.

Edit du 19 août 2020 : Nous vous recommandons la lecture de la revue Science & Vie Junior et tout particulièrement son numéro 372 de septembre 2020 qui traite de cette question.
Science et Vie Junior Septembre 2020

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