Visioconférence de l’association Collectif BAMP ! (30 novembre 2020)

L’association Collectif BAMP ! a organisé une visioconférence consacrée au don de gamètes le lundi 30 novembre 2020. Cette visioconférence s’inscrit dans l’actuelle campagne de sensibilisation au don de gamètes organisée par l’agence de la biomédecine.

Lien de l’annonce de l’événement : https://bamp.fr/2020/11/30/donneuses-et-donneurs-de-gametes/

La visioconférence a duré 1h30 et il ne s’agit pas pour moi d’en faire un compte rendu ou un résumé. Je vais uniquement indiquer quelques points qui m’ont semblé intéressants.

1) Le CECOS de Rennes est prêt !

Le projet de loi bioéthique va ouvrir la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, ce qui devrait avoir pour conséquence une augmentation de l’activité des centres d’AMP. Le CECOS de Rennes a indiqué se préparer depuis longtemps à la PMA pour toutes et que donc, tout devrait bien se passer. C’est donc une bonne nouvelle.

2) Autoconservation pour les donneurs sans enfants

Depuis quelques années, les personnes sans enfant ont la possibilité de réaliser un don de gamètes. La loi prévoit que ces donneurs sans enfants puissent s’ils le désirent bénéficier d’une autoconservation de leurs gamètes. La loi prévoit que cette autoconservation soit uniquement proposée aux donneurs sans enfant. Cependant, il a été dit que certains CECOS proposaient aussi l’autoconservation à des donneurs ayant des enfants. Je trouve regrettable que les pratiques puissent varier d’un CECOS à un autre.

Le projet de loi bioéthique va supprimer la possibilité de bénéficier d’une autoconservation de ses gamètes en échange d’un don.

3) Entretien avec un psychologue

La loi impose que les donneurs sans enfant aient un entretien avec un psychologue. Le CECOS de Rennes estime que cet entretien avec le psychologue est important et a donc décidé de le généraliser à tous les donneurs.

4) Savoir ce que l’on donne

Il a été indiqué que des CECOS informent les donneuses d’ovocytes du nombre de follicules ponctionnés, alors que d’autres CECOS refusent de donner cette information aux donneuses. Je trouve regrettable que les pratiques puissent varier d’un CECOS à un autre.

Il est utile de préciser que toutes les donneuses sans enfants qui bénéficient d’une autoconservation ont la possibilité d’estimer le nombre de follicules ponctionnés. Il est également intéressant d’indiquer que les donneurs de spermatozoïdes connaissent le nombre de paillettes réalisées. Nous militons pour que toutes les donneurs aient ce droit d’obtenir cette information.

Voici l’explication que donnait le site Internet dondovocytes.fr appartenant à l’agence de la biomédecine.

5) Durée de conservation des gamètes

Il a été rappelé que la loi ne prévoit aucune limitation pour la conservation des gamètes des donneurs. Les médecins ont ainsi expliqué que le CECOS de Rennes possédait encore des gamètes prélevés dans les années 90 et qui sont susceptibles d’être donnés à des couples en attente d’un don.

En règle général, le stock de gamètes provenant d’un donneur « normal » est épuisé au bout de quelques années. Les gamètes avec une très longue durée de conservation proviennent de donneurs ayant une particularité (par exemple une très grande taille ou une toute petite taille).

L’inconvénient de conserver pendant 30 ans les gamètes d’un donneur, c’est prendre le risque que ce don puisse bénéficier à une personne issue du donneur. Si le donneur a un fils, il se peut que celui-ci soit également très grand et il peut très bien avoir un problème d’infertilité (par exemple à la suite d’un traitement médical lié à cancer), il se peut que le CECOS lui attribue des paillettes provenant de son géniteur. Il faut également prendre en compte que plus la durée de conservation et d’utilisation des gamètes est longue, et plus grand est le risque que le donneur ne soit plus en vie.

Le fait qu’il n’y ait pas de limite de conservation des gamètes entraîne des inquiétudes chez certaines personnes issues d’un don. Voir par exemple l’interview qu’a accordé Audrey Kermalvezen au site Genethique.org : « Audrey Kermalvezen soulève les paradoxes du don de gamètes »

Je ne sais pas si c’est toujours le cas mais l’association PMAnonyme militait il y a quelques années pour que la loi impose une durée limite de conservation et d’utilisation des gamètes.

Extrait d’un rapport de l’association PMAnonyme datant de 2013.